Ma mort

Le sais-tu ? Quand vicieuse, et pourtant péremptoire,
La mort, rieuse, lentement me viendra voir
Accueillant par un sentencieux silence rance
Mes supplications et autres débiles instances
Que mes cheveux, par le temps tous blancs ou tombés,
Se dresseront pourtant devant sa lame bombée,
Qu’enfin, le destin, d’un tacite assentiment,
Aura disjoint nos dix mains bien trop vitement,
J’aurai aux lèvres un sourire pourtant, pour vous des pensées,
Ainsi qu’en moi les souvenirs par vous dispensez.
Poli, je lui verserai dans un verre dépoli,
Sous ma lampe une lampée de Leffe Rubis.
Son couperet de mon cou près je lui dirai,
Que si l’on se désagrège au grès de nos regrets,
Je prends fin complet d’avoir vécu avec vous.
Elle me trouvera mièvre, ma bière mauvaise,
A raison, sans doute ! Qu’importe – lorsqu’à son aise
Sa lame anthracite entrera dans mon cou,
J’aurais aux lèvres un sourire, pour vous des pensées,
Ainsi qu’en moi les souvenirs par vous dispensez.

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